Création et construction d'un mur de soutènement

Cet article va vous présenter en un peu moins de 100 photos les étapes par lesquelles je suis passé pour créer et construire un mur de soutènement.
Juste pour rappel, un mur de soutènement est un mur vertical qui retient la terre et s'oppose à la poussée de celle-ci.
Voici un lien expliquant et détaillant les techniques de construction d'un mur de soutènement.

Les caractéristiques principales de mon mur sont les suivantes

Longueur en facade : 19 mètres
Ce mur a deux retours : 8 mètres côté jardin et 15 mètres côté escalier.
Au total, mon mur fait donc 42 mètres
Pente de 1.8% sur les 19 mètres (35 cm de différence de niveau)
Hauteur apparente : 1m50 (de 1.90 à 2.20 m avec les fondations)
Matériaux : 450 parpaings de 20 et 15cm.
10 tonnes de béton et mortier.

Le poids total approximatif de ce mur est de l'ordre de 19 tonnes, ça fait les bras...

Pour les détails, c'est maintenant.



Une partie de mon terrain était en forte pente, inexploitable, et dangeureuse pour les enfants.
J'ai décidé de remplacer la clôture en grillage par un mur, et de combler la pente avec de la terre.
J'ai donc fait un mur de soutènement de 19 mètres de long pour exploiter à leur juste mesure les 60m² de terrain en pente.



Au début, il faut donc creuser pour les fondations. Ca se corse quand j'attaque dans la partie du terrain qui remonte.
J'ai la terre presque au niveau des épaules.



Au fur et à mesure que je creuse ma tranchée pour les fondations, je stocke la terre excavée derrière des panneaux en bois que j'ai récupérés.
Au moins, je n'ai pas le soucis de devoir évacuer la terre vu que je vais la réutiliser.



Pour corser la chose, je n'ai pas "que" la tranchée à creuser, il me faut aussi dégager les thuyas au niveau des deux retours.
Ca représente 10 pieds côté jardin, et 18 pieds côté escalier.



Ca m'a pris beaucoup plus de temps que prévu pour creuser ces fondations : presque  15 jours.
En fait, je devais tous les 2m50 retirer les poteaux du grillage et casser la gangue de béton avec laquelle ils étaient scellés.
Avec un petit marteau piqueur, ça me prenait 30 minutes pour casser ce fichu bloc de béton !!!
Pour agrémenter le chantier, j'avais au niveau du chemin de ma tranchée d'anciennes fondation pour maintenir les plaques en ciment.
Et enfin, cerise sur le gateau, les racines des arbres mais également du mille perthuis rendant l'usage de la bèche impossible.
Une vraie galère...
Et de temps en temps, la pluie :)
Misère, misère.



Au niveau du retour côté jardin, je suis tombé en plein dans des grosses pierres, amusant.



Allez, je continue de creuser et de stocker ma terre en espérant qu'elle ne s'éboulera pas.
Les poteaux en métal sont enfoncés profondément, mais bon...
J'en profite également pour isoler les gravas de la terre.



Les choses sérieuses vont bientôt pourvoir commencer avec la livraison des matériaux.
Vu le nombre d'aller-retours que j'ai du faire par la suite avec la remorque pour le complément en matériaux, je me dit que j'aurai dû voir plus large...



J'ai bien progressé au niveau de ma tranchée, plus que 3 mètres, et côté chemin, c'est terminé.



Les parpaings ayant été livrés un peu loin de la zone de travail, j'ai dû créer une zone de stockage au plus près de l'emplacement du mur.
Chaque parpaing a fait le chemin depuis l'avant de la maison jusqu'à la pente en passant par l'escalier et ses 11 marches.
J'ai calculé que c'est comme si j'étais monté à vide par les escaliers au dernier étage de la tour Eiffel,
et que j'en sois redescendu avec un parpaing dans les bras, toujours par les escaliers,
et qu'après j'ai traversé le jardin du champ de mars.



Je stocke pour le moment dans la tranchée toute la ferraille qui m'a été livrée.



Le tas de terre vu depuis le haut du terrain.



Bien, la tranchée de fondations est terminée côté chemin, j'arrache donc les pieds de thuyas, et je vais pouvoir creuser les fondations à côté de l'escalier.



Voilà déjà pour 2m50, avec un trou pour le poteau d'ancrage.
J'en profite également pour commencer à approcher les parpaings.



Et par la même occasion, je stocke le gravier pour la semelle.



Allez, c'est parti, tous les 2 mètres 20, je creuse sur 30 cm de plus à l'emplacement des futurs poteaux béton.
Je commence à mettre en place le gravier.



Côté jardin, j'ai également creusé un trou pour le poteau d'ancrage.
Quand je mets les pieds dans le trou, la terre est plus haute que ma tête.



On passe à l'étape du ferraillage.
Mise en place de la semelle filante et des ferrailles à poteau.



Pour parfaitement ancrer les fondations dans le sol, je coupe les tiges à béton de 16mm en tronçons de 80 cm.
A la masse, je les plante de 60 cm dans le sol.



Ils sont plantés en quinquonce pour une meilleure accroche.
J'en profite pour fixer la semelle en hauteur sur les tiges en acier.
Dans le lot, on voit également des anciens poteaux à grillage.



Ciment, gravier et sable sont stockés en haut. C'est en contrebas que j'ai besoin du béton.
Je mets en place la bétonnière au bord de la pente et je la maintiens avec du poids.



Et pour que le béton descende facilement, je construit une goulotte en bois pour utiliser la gravité à mon avantage. Le béton arrive ainsi directement dans la tranchée.



Mon père vient me filer un coup de main sur deux jours pour couler les 7 tonnes des fondations



Pour ce genre d'opération, ça va quand même plus vite à deux.
Il s'occupe de la bétonnière, et moi de la répartition du béton dans les 25 mètres de tranchée.



Les fondations font 40 cm de large sur 40 cm de profondeur.
Au niveau des poteaux, on est à 70 cm de profondeur rien que pour la partie fondation.
Les ferailles sont solidarisées dès le départ avec les fondations, pour une plus grande résistance.
Pour la construction du mur, il me faudra par contre enfiler les parpaings comme des "perles".



Pour emmener le béton sur les 25 mètres de tranchée, j'ai du adapter la goulotte pour mettre la brouette.



Nous avons pris le parti de mettre en place le premier rang de parpaings directement sur les fondations sitôt le béton coulé.
Et pour avoir une assise bien solide, le premier rang de parpaings est percé et rempli de béton. Merci le perforateur.



Et voilà, les fondations sont coulées, le premier rang de parpaings posé et rempli de béton, sur toute la longueur...



Mais également au niveau des retours.
Au bout du retour, on voit une ferraille rouge.
Il s'agit d'une cornière de porte de garage en acier de 2 mètres de haut.
Elle est enfoncée de 1 mètre dans le sol à la masse, et coulée dans le trou d'un parpaing d'angle.
Les fondations sont de 70 cm de hauteur à ce niveau. Elle sert d'ancrage au mur sur le retour côté jardin.



Il y a la même côté escalier.
On voit sur cette photo que le premier rang de parpaings est en contrebas par rapport au sol du chemin, c'est voulu.



Et c'est parti pour le deuxième rang, en commençant par les parpaings au niveau des poteaux.
Je mets également en place le tuyau de drainage à la base du mur.
L'eau est en effet le pire ennemi d'un mur de soutènement.
Il est impératif de l'évacuer par tous les moyens pour diminuer la pression.



C'est parti, je continue de mettre en place les parpaings. Je suis régulièrement obligé de retailler les parpaings pour bien jointer avec les parpaings de poteau déjà en place.




On prends les mêmes et on recommence, au tour du troisème rang de parpaings.
Toujours en commençant par les poteaux



Les parpaings des poteaux sont posés en opposition à chaque étage.
A ce stade de la construction, j'ai posé le film géotextile autour du drain et revouvert de 10 cm de gravier, ce que l'on voit au pied du mur.



Pour évacuer efficacement l'eau, j'équipe le mur de barbacanes traversantes entre le deuxième et le troisième rang de parpaings. Une tous les 1m50 environ.
Pour les mettre en place, je suis obligé d'entamer les parpaings en cassant les angles en bas.




Et de quatre. Au niveau du tas de parpaings, on voit que le mur n'est pas vraiment droit.
Je vais rattraper sa rectilignité avec le 5ème rang.



En fait, pour assurer une rigidité et une bonne cohésion d'ensemble, le 5ème rang est constitué d'agglos de chaînage.



Au niveau de chaque emplacement de poteau, je suis obligé de mettre en forme les parpaings de chaînage pour intégrer les ferrailles des poteaux avec les ferrailles de chaînage. Une vraie partie de plaisir



Et toujours dans le soucis constant d'améliorer la rigidité de mon mur, je créé des poteaux intermédiaires entre les poteaux de structure.
Ils sont ferraillés, traversent les ferrailles de chaînage, et commencent à partir du 3 ème rang de parpaings.
En faisant ainsi, je me retrouve donc avec un poteau tous les mètres quasiment.



Comme je le disais, je rectifie mes problèmes de niveau avec ce 5ème rang.
Je fais un système de reprise de niveau avec des planches, ce qui me permet de répartir sur mes 19 mètres les 35 cm de pente. J'ai en effet pris l'option de construire le mur en suivant le profil du chemin plutôt qu'en le faisant de niveau, c'est plus esthétique.



Je fais donc les découpes à la disqueuse pour retrouver une "ligne droite" visuellement.
On voit sur cette photo les ferrailles des poteaux intermédiaires qui dépassent.
On voit également que j'ai mis un deuxième niveau de barbacanes en décalé.
L'eau ne devrait pas stagner derrière le mur avec tout ça :)
Autant dire que j'ai passé pas mal de temps sur ce 5ème niveau avec toutes les contraintes qu'il concentrait.



Intégration du chaînage dans la ferraille des poteaux.



Il ne reste plus qu'à couler le béton.



Jusque dans les angles.



On voit bien sur photo l'illustration de l'adaptation du 5ème rang, au niveau de l'angle.
Je ne coule pas le béton jusqu'au bout volontairement, car je ferai une reprise du chaînage pour la suite du mur.



Un visu de la rectification du mur, il reste un petit "accident" de planéité.



Et de 6...



Et maintenant 7, ça touche à sa fin...



Sur le retour côté jardin, j'ai mis un peu trop de béton par rapport à la rectification de la hauteur.
J'ai dû attaquer à la disqueuse. Il est bien homogène mon béton.



J'ai récupéré les panneaux de grillage soudé de la clôture initiale.
En les coupant en deux sur leur hauteur, ils me permettront de mettre du grillage sur toute la longueur et le retour côté escalier, ça de moins à acheter.
Les poteaux ont subi le même sort.



Comme je veux être sûr que mon mur ne se fasse pas la malle, j'ai mis des anitvols...
J'ai mis un fer à béton autour des souches des arbres et l'extrémité est coulée dans le béton des poteaux avec reprise sur la ferraille.



Fixation à la masse avec des clous "spéciaux" enfoncés de près de 10 cm.
Je précise que par la suite les arbres ont été abattus, ne reste que la souche qui va se trouvée enterrée après la mise à niveau du sol.



Fixation côté mur. La fer à béton est coudé vers l'intérieur du trou.



Mise en place des parpaings du dernier rang avec calcul au plus juste de l'emplacement des poteaux, pas le droit à l'erreur.



C'est parti, le parpaings perpendiculaire au mur représente l'emplacement futur d'un poteau. On voit sur ce cliché les ferrailles de fixation à la souche au niveau de l'angle de l'escalier.



Côté escalier justement, et afin de pouvoir mettre les panneaux de grillage, il me faut continuer le mur un peu plus loin dès maintenant.
Donc je creuse à nouveau, fondation, parpaings, chaînage, béton...



Nous voilà arrivés à la hauteur de mur définitive.



Pour me créer un peu de jeu au niveau de l'emplacement pour sceller les poteaux, j'ai coupé des parpaings d'angle qui me permettent de créer une zone de scellage large et bien solidaire du mur du fait de l'ouverture en V.



Je ne sais pas comment je me suis pris, mais j'avais déjà scellé les parpaings pour la fixation du ferraillage sur la troisième souche. J'ai dû faire différemment.



C'est moins propre comme celà :(



Côté jardin, je vais devoir faire la jonction avec le bout de mur déjà existant. Je creuse donc pour que les fondations se chevauchent.



Béton et semelle filante pour la fondation.



Et je noie mon premier rang de parpaings dans les fondations.



Je peux donc faire la reprise au niveau du rang de chaînage et solidariser le chaînage avec la cornière métal d'ancrage.



Dès lors je peux finir de couler mon béton pour le chaînage.



Sur les retours, les parpaings sont posés à niveau, en escalier.



Dans l'angle, au niveau du bout de la première marche, on distingue l'extrémité du drain.



Pour faire la jonction avec le mur existant, je fais une clé avec deux agglos d'angle dont j'aligne les trous, je ferraille sur la hauteur au niveau des trous et je coule du béton en faisant un coffrage au niveau des trous.






Je commence à combler le trou avec la terre, et je mets une bache plastique pour protéger un peu le mur de l'humidité, le goudron coûtait trop cher pour la surface à traiter.



Revenons côté escalier, je n'ai pas été assez loin, je dois donc de nouveau prolonger le mur jusqu'au niveau de la fin des marches.



Pour des raccords de mur de la sorte, j'utilise à chaque fois des agglos d'angle, et je fais une clé de vérouillage au niveau de chaque trou en les alignant et coulant du béton.



Et un niveau de plus.



En faisant 3 marches, je me retrouve au niveau du sol en haut de l'escalier.




Maintenant que le raccord est fait, il ne me reste plus qu'à combler la différence de niveau en compatibilité avec les panneaux bois qui vont être posés au dessus de ce mur.



J'ai coupé des agglos sur leur hauteur pour créer la hauteur de marche dont j'ai besoin.



Je peux dès lors sceller les poteaux



Tous les moyens sont bons pour les maintenir de niveau pendant que le béton prends.



Les poteaux sont ainsi scellés sur 20 cm de haut.



C'est une chose qu'ils soient de niveau, il faut également qu'ils soient alignés sur une même ligne.
Je vérifie visuellement qu'il n'y en a pas en retrait ou en avant.



Il ne reste plus qu'à mettre en place les panneaux de grillage recoupés à la bonne hauteur.




Les panneaux de grillage font 80cm de haut, la hauteur depuis le sol est donc de 2m30.



Enorme coup de chance, la longueur au fond du jardin représente exactement la largeur de 4 panneaux avec les poteaux de fixation. Dans l'angle, vu que le poteau a une forme de I, le panneau bois s'insère en biais dans la partie creuse du I. Je n'ai qu'à mettre des vis à bois et tout est solidaire.



Sur cette photo se matérialise le pourquoi de créer une marche de la bonne hauteur, pour le 3ème panneau en partant de la droite.



Les panneaux de grillage sont en escalier sur toute la longueur du fait des 1.8% de pente



Je vous ai fait grâce des étapes de la construction du mur côté escalier, rien d'exceptionnel : deux à trois rangs d'agglos sur des fondations, le tout en escalier en fonction des panneaux de grillage pour rester à niveau.



Comme c'est plus facile d'accès, je scelle tous les poteaux d'un coup.
L'écartement des poteaux est garanti par les panneaux de grillage qui sont en place.



Une variante au niveau de la zone de scellage des poteaux.



Je m'améliore dans la technique pour garantir le niveau dans toutes les dimensions et avoir quand même la place pour couler le mortier.




Bientôt des photos du mur en situation avec les panneaux de grillage bien en place...

Comme promis, voici de nouvelles photos toures fraîches.
Tout dabord côté chemin pietonnier



Puis côté escalier.



Et enfin un panorama grand angle.



La suite de l'enduit, ainsi que la pose des chapeaux. Toute la longueur est scellée, reste à faire le retour.

 

mur (100)

 

Puis vient l'étape du crépis, à la main avec une tyrolienne. Ca se fait finalement assez bien, il m'a été facile de prendre le coup de main. On voit sur la photo qu'il m'en reste un petit bout à faire au fond. Les chapeaux du retour sont scellés et jointés.


mur (101)

Voilà le mur terminé, sous différentes vues. 

 

mur (103)

mur (104)

mur (105)

Le mur est terminé depuis plus de 5 ans et n'a pas bougé. Et il a tenu quasi aussi longtemps sans grafitis...les premiers ayant fait leur apparition il y a deux mois. 


Pour le plaisir, les photos de avant et après :


mur-part-1-mur--01-.jpg mur (102)


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